Mon histoire, notre podcast

2018, quelle belle année, vous vous en souvenez ?

Cette année a été particulièrement belle car elle m’a challengée bien plus que les autres années. Sortir de sa zone de confort, ça vous parle ? Et bien c’est le résumé de mon année de mon année 2017…

Je commence ma vie professionnelle dans un cabinet d’audit de la place. Je ne le site pas mais je sais que les curieux iront stalker sur linkedin 🙂

Je m’y suis préparée mais je n’en avais pas rêvé. Issue d’un master en Achats et logistique, cette filière je l’ai choisie car un de mes grands frères comme je l’appelle affectueusement m’avait aiguillée sur cette voie, je me prédestinais donc à être acheteuse. Je me voyais déjà négocier les prix , travailler en collaboration avec les juristes sur les contrats, etc. L’histoire sera toute autre, à la fin de mon alternance au poste d’acheteuse et gestionnaire de prestations intellectuelles ( Software Asset management), je postule dans ledit cabinet en audit IT . Pourquoi ce choix ? Une collègue devenue amie avec qui j’ai passé mon année d’alternance, avait été embauchée par le cabinet en question et tout se passe à merveille pour elle et cette dernière avait exactement le même diplôme que moi.

[A ce stade vous vous direz surement, elle n’a fait que suivre les voies des autres mais que voulait-elle réellement ? Encore un peu de patience.]

Les cabinets d’audits recrutent un grand nombre de jeunes diplômés d’école de commerce. Autant vous dire que le secteur Achats/logistique ne recrute pas autant, après maintes candidatures, je me dit : “l’audit? Et pourquoi pas ?!”

Septembre 2018, j’intègre le cabinet, nous sommes une promotion ( et oui, on est tellement nombreux qu’on parle en terme de promotion) d’environ 70 personnes pour la business unit à laquelle j’appartenais.

Les heures, les jours, les mois passent et je me rends compte que ce n’est pas fait pour moi ! Mon corps m’a parlé, plusieurs malaises ,des nuits complètes à stresser sur le lendemain, des crampes d’estomac insupportables, démotivation totale. Bref, Les prémices d’un burn out ? Je vous laisse juger .

Les cabinets d’audit c’est « l’élite» ils s’avèrent si formateurs. Si je ne réussis pas ici où vais-je pouvoir réussir ? Cette question je me la suis posé des milliers de fois et plus je me la posais plus elle me procurait du stress…

DÉMISSION, la démission est- elle un échec ? “ Audrey ( il est important de se parler à soi et cultiver son moi) vas-tu continuer à exercer un métier dans lequel tu ne te sens pas toi ?” Cette remise en question a été longue, et elle est venue avec un autre lot de questions supplémentaires: “ n’est-ce pas du luxe d’avoir un CDI et de se dire ce n’est pas fait pour moi ?”

En même temps je suis diplômée et j’ai les compétences pour en trouver un autre je ne vais pas rester enfermée là !!!

Votre premier CDI c’est votre fierté mais aussi celle de vos parents. Ils sont d’une autre génération où l’on reste « fidèle» à son entreprise, alors il faut prendre son courage à deux mains pour leur expliquer que finalement ce n’est pas fait pour vous.

Je vous passe toute ces épreuves, me voila en train de chercher un nouvel emploi, nous sommes au début de l’été 2018, je me mets à postuler à des offres d’audit IT en me disant que finalement ce n’était peut-être pas le métier en lui-même mais juste l’entreprise dans laquelle je ne me sentais pas moi. GROSSE ERREUR de ma part…

Je signe à nouveau dans un cabinet d’audit pour faire exactement la même chose, cela s’est passé EXACTEMENT comme la première fois sauf que cette fois-ci, j’ai pris mes jambes à mon cou beaucoup plus vite. 2 deux démissions en 1 an je me suis demandé ce à quoi j’étais douée, comme quoi le travail remet vraiment en question notre place dans la société trop souvent à tord. Toi qui me lis, n’oublie jamais que tu es bien plus que ton travail. Je l’ai compris grâce à mon entourage qui m’a énormément soutenu pendant cette période de doute et de remise en question.

Ok, l’audit ce n’est pas fait pour moi sauf qu’il n’ y a que ça comme expérience en CDI sur mon CV. Le reste se résume à l’alternance et au stage. Repartir en achats/logistique plus de motivation et à vrai dire je ne sais pas à quoi m’en tenir.

“ Audrey que vas-tu faire, n’avais tu pas de rêves ?” Les réalités scolaires en France sont ce qu’elles sont. Arriver au BAC pour des enfants issus d’immigration peut relever du parcours du combattant parce que dès le collège, les enseignants tentent de t’orienter sous des prétexte les plus farfelus, et cela n’a rien avoir avec les notes comme on pourrait le penser. J’ai eu la chance d’avoir des parents qui avaient conscience de ces discriminations et qui nous ont poussés mes frères et moi à faire des études, pour pouvoir décider de notre avenir.

Mes rêves ? Depuis mon plus jeune âge j’ai du mal à concevoir l’injustice, alors je voulais être assistante sociale. J’ai vite compris que personne ne me laisserait faire ce métier, alors au fur et à mesure des années je me suis laissée driver par les conseils, les expériences de tous, sans chercher ce en quoi j’allais être réellement épanouie. Le monde du travail est tellement vaste, j’avais besoin de retours d’expérience que j’ai pu avoir à travers mon réseau.

Je me documente sur ce que je pourrais faire et qui pourrait me plaire: j’aime planifier, organiser, rédiger, piloter. BREF l’évidence de la gestion de projet vient à moi comme une lettre à la poste. Je me lance, je réadapte mon CV il faut que dans mes missions d’audit on retrouve des mots propre à la gestion de projets pour avoir la « chance» que mon CV arrive jusqu’aux RH et aux managers et je postule.

Candidatures ici et là mais rien. J’active mon réseau toujours rien, je prends mon courage à deux mains et j’envoie directement des messages sur Linkedin au RH des entreprises dans lesquelles je souhaiterai travailler ! BINGO j’enchaîne une série d’entretiens , qui se finalise par une signature de contrat en CDI . Rassurez-vous l’histoire ne se répète pas une 3 éme fois: j’aime ce que je fais et me sens épanouie bien que ce ne soit pas un long fleuve tranquille .

Dans toute cette aventure , je voudrais remercier WhatsApp sans qui j’aurai eu a payé des factures de téléphone totalement délirantes! Plus sérieusement je voudrais remercier ma famille et mes amis (on ne le dit jamais assez) mais avoir des personnes qui vous soutiennent et qui vous laissent être vous sans vous juger ça vous assure une certaine stabilité surtout lorsque les choses deviennent compliquées.

Passons cette vague d’émotion, pourquoi faire un podcast ?

La représentation ! ! ! Plus jeune, je n’avais de représentation de personnes NOIRES [je l’écrit en majuscule parce que ce n’est ni une honte ni du communautarisme, c’est juste ce que je suis] que des sportifs ou des chanteurs. Lorsqu’ on est plus jeune on se construit TOTALEMENT par le biais de son environnement. Dès mon plus jeune âge ma mère me disait tu es Noire, tu es une FEMME, tu vas devoir en faire deux fois plus que les autres. Quel choc, quelle INJUSTICE mais pourtant quelle triste réalité. J’ai cherché toute mon enfance ce symbole de réussite selon moi. Je définis la réussite par les objectifs que vous vous fixez d’atteindre, la réussite elle est propre à vous, à votre histoire, ne laissez personne la définir à votre place ou vous mettre dans une case. Je n’en trouvais pas, j’ai découvert des symboles de réussite que très tard, et j’étais plus que fière de les avoir découvert en Côte d’ivoire. A ce moment-là, on se dit que tout est possible que ces femmes et hommes ont réussi à braver toutes les barrières que la société leur imposait. A t-on besoin de voyager à 6000 km pour avoir des symboles de réussite? Je ne pense pas, la France regorge de ces symboles aussi colorés soient-ils, il suffit simplement de les exposer ( merci l’avènement des réseaux sociaux). Je veux donner l’occasion à des jeunes et moins jeunes, femmes et hommes, noir(e)s ou non, de pouvoir disposer d’un panel de mentors dans plusieurs domaines et s’en inspirer, d’avoir connaissance de ce qui peut se faire autour de vous.

Ici pas de “victimisation” juste ma réalité, votre réalité, notre réalité.

Vous êtes un mentor et je vais vous dire pourquoi. Quelque part une personne souhaite certainement faire le métier que vous exercez et vit probablement des difficultés auxquelles vous avez dû faire face. Cette personne sera aidée par le partage de votre expérience et en sortira grandi.

Votre plus grande force c’est la manière dont vous avez su vous relever des difficultés qui ont parsemé votre chemin vers votre réussite. Ne pensez vous pas que votre histoire mérite d’être partagée ?

Ce podcast ne répondra pas à tout, ne sera pas la baguette magique ou la réponse à toutes vos difficultés. Ce podcast c’est vous et moi avec nos imperfections essayant de répondre à des problématiques sociales et sociétales auxquelles nous sommes confrontés dans nos parcours professionnels.

Je vous remercie pour le temps que vous accordez à mon histoire, on ne se quitte pas promis, on se donne rendez-vous le 12 Novembre 2019 pour écouter le premier guest de notre podcast.

Prenez soin de vous

AKD

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